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Musique classique et opéra par Classissima

Seiji Ozawa

jeudi 26 mai 2016


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3 mai

CD, événement. Frederica von Stade, the complete Columbia recital albums (18 cd Sony classical)

Classiquenews.com - Articles CD, événement. Frederica von Stade, the complete Columbia recital albums (18 cd Sony classical). SOMBRE VELOURS D’UNE DISEUSE FRANCOPHILE. Mezzo irradiée – ce qui la destine aux emplois sombres et tragiques, la jeune musicienne fait son voyage à Paris où alors qu’elle échouait à devenir pianiste, elle éprouve comme une sidération inexplicable, le choc du chant et de la voix en assistant à un récital de la soprano allemande Elisabeth Schwarzkopf alors diseuse hors paires dans les lieder de Hugo Wolf. Il y a chez Von Stade qui a beaucoup douté de ses capacités artistiques réelles, une ardeur intérieure, une hypersensibilité jaillissante qui a rappelé dès ses premiers grands rôles, les brûlures tragiques et graves d’une Janet Baker. AU DEBUT DES 70′S… Jeune tempérament à affiner et à ajuster aux contraintes et exigences de la scène, Frederica Von Stade est engagée dans la troupe du Met de New York par Rudolf Bing (1970) : elle n’est pas encore trentenaire ; très vite, elle prend son envol comme soliste, avec l’essor augural des opéras baroques (elle chante Penelope de l’Ulysse monteverdien). Mais la diva est une diseuse qui se taille une très solide réputation chez Mozart (Cherubino qui sera son rôle fétiche, et Idamante) et Rossini dont elle maîtrise la virtuosité élégante et racée grâce à des vocalises précises et des phrasés ciselés (Tancredi, Rosina, la donna del lago: surtout le chant noble mais désespéré de Desdemona dans Otello…). La Von Stade est aussi une bel cantiste à la sûreté musicale impressionnante. Le timbre sombre, essentiellement tragique colore une suavité qui est aussi pudeur et articulation : la mezzo s’affirme de la même façon chez Massenet (Charlotte de Werther, Chérubin là encore et aussi Cendrillon. ..), et Marguerite embrasée par un éros qui déborde (La Damnantion de Faust), et Béatrice (Beatrice et Benedicte d’après Shakespeare) chez Berlioz dont elle chante aussi évidemment les Nuits d’été (de surcroît dans ce coffret, sous la direction de Ozawa lire ci après). COFFRET MIRACULEUX… Qu’apporte le coffret de 18 cd réédités par Sony classical ? Pas d’opéras intégraux, mais plusieurs récitals thématiques où scintille la voix ample, cuivrée, chaude d’un mezzo dramatique et suave, plus clair que celui de Janet Baker, aussi somptueux et soucieux d’articulation et de couleurs que Susan Graham (sa continuatrice en quelque sorte)… C’est dire l’immense talent interprétatif et la richesse vocale de la mezzo américaine Frederica von Stade née un 1er juin 1945, qui donc va souffler en ce début juin 2016, ses 81 ans. Le coffret Columbia (the complete Columbia recital albums) souligne la diversité des choix, l’ouverture d’un répertoire qui a souvent favorisé la musique romantique française, la fine caractérisation dramatique pour chaque style, une facilité expressive, une élasticité vocale, – dotée d’un souffle qui semblait illimité car imperceptible, et toujours une pudeur presque évanescente qui fait le beauté de ses rôles graves et profonds. Les 18 cd couvrent de nombreuses années, en particulier celles de toutes les promesses, et de la maturité, comme de l’approfondissement des partitions, soit de 1975 (CD où règne la blessure et le poison saignant de la Chanson perpétuelle de Chausson, déjà l’ivresse ahurissante de son Cherubino mozartien, ce goût pour la mélodie française : très rare Le bonheur est chose légère de Saint-Saëns, ou la question sans réponse de Liszt d’après Hugo : “Oh! quand je dors S 282, récital de 1977, cd3) ; jusqu’aux songs de 1999 et même 2000 (Elegies de Richard Danielpour, né en 1956, avec Thomas Hampson). Dans les années 1970 et 1980, la mezzo Frederica von Stade chante Mozart, Massenet, Ravel avec une gravité enivrée VELOURS TRAGIQUE Salut à la France… La mesure, le style, une certaine distanciation lui valurent des critiques sur sa neutralité, un manque d’engagement (certaines chansons de ses Canteloube)… Vision réductrice tant la chanteuse sut dans l’opéra français exprimer l’extase échevelée par un timbre à la fois intense, clair d’une intelligence rare, à la couleur précieuse, à la fois blessée, éperdue, brûlée : un exemple ? Prenez le cd 2 : French opera arias (de 1976 sous la direction de John Pritchard) ; sa Cavatine du page des Huguenots de Meyerbeer ; sa Charlotte du Werther de Massenet (noblesse blessée de “Va, Laisse couler mes larmes”), l’ample lamento grave de sa Marguerite berlozienne (superbe D’amour l’ardente flamme, au souffle vertigineux), ne doivent pas diminuer l’éclat particulier de la comédienne plus amusée, piquante, délurée chez Offenbach (Périchole grise ; Gerolstein en amoureuse déchirée : voyez le récital totalement consacré à la verve du Mozart des boulevards : Offenbach : arias and Overtures, 1994, cd14), d’un naturel insouciant et douée de couleurs exceptionnellement raffinées pour le Cendrillon de Massenet, surtout Mignon d’Ambroise Thomas, notre Verdi français. La pure et fine comédie, la gravité romantique, le raffinement allusif : tout est là dans un récital maîtrisé d’une trentenaire américaine capable de chanter l’opéra français romantique avec un style mesuré, particulièrement soucieuse du texte. Italianisme. Bel cantiste par la longueur de son legato et un souffle naturellement soutenu, aux phrasés fins et finement ciselés, Von Stade fut aussi une interprète affichant son tempérament tragique et sombre, d’une activité mesurée toujours, chez Pénélope de Monteverdi (Le Retour d’Ulysse dans sa patrie), chez Rossini où sa distinction profonde fait miracle dans Tancredi et Semiramide (airs et aussi récitatifs merveilleusement articulés / déclamés, cd4, 1977)… Evidemment son métal sombre et lugubre va parfaitement aux lieder bouleversants de Mahler (cd5, 1978 : Lieder eines Fahrenden gesellen, Rückert lieder) ; mais la passion vocale et l’étendue de son velours maudit, comme blessé mais si digne et d’une pudeur intacte ne se peuvent concevoir sans ses prodigieux accomplissements dans le répertoire romantique et post romantiques français : Chants de Canteloube avec Antonio de Almeida (2 albums, de 1982 et 1985, où l’ivresse mélodique s’accompagne d’une volupté comme empoisonnée à la Chausson… le timbre enivré de la mezzo américaine s’impose par sa volupté claire et son intensité charnelle ; exprimant tout ce que cette expérience terrestre tend à l’évanouissement spirituel,… une Thaïs en somme : charnelle en quête d’extase purement divine). Ces deux recueils sont des must, indémodables (même si pour beaucoup sa partenaire et contemporaine Kiri te Kanawa a mieux chanté Canteloube, sans “s’enliser”). Berliozienne et Ravélienne, Von Stade a exprimé son amour à la France. Même style irréprochable dans ses Nuits d’été de Berlioz d’après Gautier de 1983 sous la direction de Ozawa ; et aussi Shéhérazade, Mélodies et Chansons de Ravel à Boston avec Ozawa toujours en 1979… Avec son complice au piano, Martin Katz, la divina s’expose sans fards, voix seule et clavier dans plusieurs récitals qui ne déforment pas son sens de la justesse et de la musicalité allusive d’une finesse toujours secrètement blessée : deux cycles sont ici des absolus eux aussi, le récital de 1977 comprend Dowland, Purcell, Debussy Canteloube dont il faut écouter Quand je dors S 282 de Liszt sur le poème d’Hugo : maîtrise totale du souffle et du legato avec une articulation souveraine : quel modèle pour les générations de mezzos à venir. Plus aucune n’ose aujourd’hui s’exposer ainsi en concert. Puis le récital de 1981 se dédie aux Italiens, de Vivaldi, Marcello, Scarlatti à Rossini sans omettre évidemment Ravel et Canteloube Sur le tard, Stade, appelée affectueusement “Flicka“, sait aussi se réinventer et goûte selon l’évolution de sa voix, d’autres répertoires, d’autres défis dramatiques : comme le montrent les derniers recueils du coffret Columbia : après celui dédié à la comédie encanaillée mais subtile d’Offenbach (Offenbach arias & Overtures, Antonio de Almeida,1994), les cd 15 (Elegies et Sonnets to Orpheus de Richard Danielpour), cd 18 (Paper Wings et Songs to the moon… de Jake Heggie) soulignent la justesse des récitals (de 1998 et 1999) : celle d’une voix mûre qui a perdu son agilité mais pas sa profondeur ni sa justesse expressive… CONCLUSION. Pour nous, française de coeur, Frederica Von Stade laisse un souvenir impérissable dans deux rôles chez Massenet qu’elle a incarné avec intensité et profondeur : Cendrillon (cd16, 1978) et Cherubin (cd17, 1991), sans omettre son Mignon de Thomas (Connais tu le Pays, cd2, 1976). Bel hommage. Coffret événement CLIC de mai 2016. CD, coffret événement. Frederica von Stade : the complete Columbia recital albums (18 cd, 19975-2000). Extraits d’opéras, mélodies, songs, lieder de Massenet, Thomas, Ravel, Mahler, Schuebrt, Berlioz, Bernstein… CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2016.

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Seiji Ozawa ne sera pas à Tanglewood cet été

Selon Slipped Disc Seiji Ozawa a dû renoncer à sa présence à Tanglewood, la résidence d’été du Boston Symphony Orchestra, […]






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22 avril

Les amours de Valdemar 1er – Des Gurre-Lieder au Pierrot lunaire – Une ovation à la Philharmonie – Le chemin de croix de Prokofiev

Franz Mazura, récitant des « Gurre-Lieder ». Wagnérien réputé, il souffle ses 92 bougies aujourd’hui ! DR Les Gurre-Lieder, que l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Paris viennent d’exécuter dans la grande salle de la Philharmonie, constituent un cas d’école. Illustrant musicalement les amours du roi de Danemark, Valdemar 1er, et de sa maîtresse Tove, l’assassinat de cette dernière plongée dans un bain trop chaud par l’épouse trahie, et transformée en colombe, cette symphonie dramatique est la pointe extrême d’une évolution, dont Wagner, Mahler et Richard Strauss sont les parrains directs. C’est au tournant du siècle qu’Arnold Schoenberg se lança à vingt-cinq ans dans cette folle aventure, laquelle, selon les termes de l’auteur, « fut ensuite interrompue assez longtemps par des orchestrations d’opérettes ». Il fallait bien vivre… Pendant le long sommeil des « Gurre-lieder », Schoenberg composa beaucoup… et s’adonna à la peinture : quatre-vingts tableaux dont quelques auto-portraits, pas très flatteurs… L’œuvre-culte Dix ans plus tard, lorsque Schoenberg reprendra sa partition, l’eau avait coulé, et en abondance, sous les ponts du Danube. Schoenberg venait hardiment d’indiquer, année après année, œuvre après œuvre (les deux premiers quatuors à cordes, la 1ère Symphonie de chambre, l’opéra Erwartung et autres petites Pièces pour piano de l’opus 19), les étapes d’une évolution qui le mènera à la mise en œuvre de sa méthode dodécaphonique ; sa musique avait subi une cure radicale d’amaigrissement, dont les différentes phases avaient régulièrement provoqué le scandale, déchaîné la fureur des commentateurs et abouti à ce Pierrot lunaire, œuvre-culte de la modernité musicale. Le 23 février 1913, lorsque le jeune compositeur Franz Schreker dirigera enfin dans la salle du Musikverein de Vienne, en sa qualité de chef du Chœur Philharmonique, la création des Gurre-Lieder, le Pierrot lunaire a déjà été porté sur la place publique, suscitant ricanements et quolibets. C’est dire que les Gurre-lieder renvoyaient à un monde disparu. Il n’est pas surprenant que l’accueil ait été enthousiaste, avec, au premier rang, les amis et les élèves du maître auquel on remit une couronne de lauriers. Heureux, notre cher Arnold, qui était, jusque-là, régulièrement sifflé ? Pas vraiment – « je me sentais plutôt indifférent, peut-être même un peu contrarié. » Il admettra néanmoins que l’œuvre est « la clé de (son) évolution. » Un monument Une simple clé, c’est peu dire pour un monument de cette ampleur. En effet, l’exécution, qui dure deux grandes heures, exige la présence de cinq voix solistes, d’un récitant, d’un chœur particulièrement fourni et d’une formation orchestrale très inhabituelle qui, entre autres, rassemble quatre harpes, quatre trombones ténor (et un trombone basse), une armée de flûtistes et de clarinettistes, six timbales (plus grosse caisse, glockenspiel, xylophone, jeu de chaînes, etc.), vingt premiers violons, vingt second violons, seize altos, seize violoncelles, douze contrebasses ; en tout, quelque cent cinquante instrumentistes. L’œuvre idéale, en somme, pour meubler le volume de la Philharmonie de Paris ; et le spectacle était assez saisissant lorsque Philippe Jordan prit la tête de ses troupes. Saisissant également le contraste avec cette même salle où j’ai assisté, il y a quelques jours, au récital d’Itzhak Perlman. Les salles de concert ont leur spécificité, au-delà de leur rentabilité. Sur le coup de vingt-trois heures, les mélomanes de la Philharmonie ont fait une longue et juste ovation à l’Orchestre de l’Opéra de Paris et à son chef, à son chœur (déjà magnifiquement schoenbergien depuis certain Moïse et Aron qui a ouvert la saison) renforcé par le Chœur Philharmonique de Prague, aux cinq chanteurs (le superbe Waldemaar d’Andreas Schager, Irène Theorin, Sarah Connolly, Andreas Conrad et Brigitte Fassbaender) ainsi qu’au doyen de l’entreprise, rôle parlé, mais quelle véhémence pour ce nonagénaire, ce vétéran de Bayreuth : Franz Mazura – notre Dr Schon dans la mémorable Lulu de Garnier en 1979. La tirelire Ecouter les Gurre-Lieder dans une exécution aussi luxueuse est un bonheur, spécialement en période de vaches maigres ; le retour sur l’une de nos scènes musicales de ce cycle titanesque n’est pas programmé et je conseille vivement aux amateurs de se consoler avec quelques enregistrements dirigés au choix par Claudio Abbado, Pierre Boulez, Eliahu Inbal, Zubin Mehta, Seiji Ozawa ou Giuseppe Sinopoli, que de grands chefs qui adorent les grandes œuvres. Pour l’occasion et pour l’amour de Schoenberg (toujours assez mal aimé, je dois dire), les compagnies de disques ont visiblement vidé leur tirelire. Petits théâtres pauvres s’abstenir…. Serge Prokofiev, aquarelle d’Oleg, l’un des deux fils du compositeur, décédé en août 1998 sur l’île de Guernesey Les 65 personnages … S’abstenir aussi face à l’opéra qui compte le plus grand nombre de rôles chantés – Guerre et paix de Serge Prokofiev, d’après Tolstoï : 65 personnages, mais quelques chanteurs zélés peuvent se charger le même soir de plusieurs d’entre eux. C’est au moment où l’Allemagne nazie envahit la Russie stalinienne que l’auteur de Pierre et le loup, de retour dans son pays natal depuis quelques années mais, à sa grande surprise, mal vu des autorités politiques, décida d’œuvrer sur un sujet hautement patriotique. Mal lui en prit : harcelé par les membres du Comité pour les affaires artistiques, il établit trois versions successives, plus ou moins longues, qui s’accompagnèrent de coupes, ajouts et remaniements divers. Rostropovitch, qui considérait Prokofiev comme son père spirituel, témoigne : « Durant les dernières années de sa vie, alors que sa santé se dégradait d’une manière inexorable, Serge Prokofiev était poursuivi par une obsession légitime : espérer que Guerre et Paix, son plus haut chef-d’œuvre, triomphe un jour dans sa version définitive, fruit de tant de labeur. » Ce n’était qu’un rêve… Trente ans plus tard, alors que j’achevais avec Slava un livre d’entretiens (dans sa chambre de l’hôtel Watergate de Washington !), il me dit : « Je veux diriger un jour la version originale complète (complète !!!) de Guerre et Paix. Ici, pas d’argent pour le faire. Peux-tu essayer de monter un projet en France ? » Un devoir de mémoire ! Il s’agissait naturellement d’une version de concert, mais qui nécessitait tout de même un bataillon impressionnant d’intervenants dont un grand chœur et un orchestre très fourni. Grâce aux forces vives de Radio France, grâce à l’intervention de Daniel Toscan du Plantier (alors PDG des disques Erato), son goût des grandeurs, son réseau de relations et sa persuasion, le projet put aboutir (Salle Pleyel, faute d’une Philharmonie pas encore imaginée) et, mieux encore, s’intégrer dans un très vaste cycle Prokofiev étendu sur deux mois qui reste l’un de mes grands souvenirs d’organisateur… Plus tard, l’Opéra de Paris (sur le vaste plateau de Bastille, bien entendu) présentera une production de cet opéra où l’on voit Napoléon, pas vraiment à son avantage. Version légèrement raccourcie…. Ne manquez pas une production russe de l’opéra de Prokofiev que diffusera la chaîne Mezzo le mercredi 27 avril. Version vraiment intégrale ? J’en doute, mais sait-on jamais ? Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason d’avril 2016 : « Ce jour-là, 22 mai 1872 : Pose de la première pierre à Bayreuth »

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14 avril

CD, coffret : Un siècle de musique française (25 cd Sony classical)

CD, coffret, compte rendu critique : Un siècle de musique française (25 cd Sony classical). Sony classical réédite sous une thématique déjà passionnante plusieurs de ses bandes magiques… Attention bain de symphonisme français romantique et moderne : soit un condensé d’histoire musicale française en 10 cd, chacun dédié à un compositeur majeur, plus un recueil triple thématisé “escales symphoniques” : Berlioz, Saint-Saëns, Fauré, Debussy, Ravel, Poulenc (maître de la musique par Eric Lesage et partenaires), Satie (le seul ici à offrir son legs non orchestral mais pianistique sous les doigts de Philippe Entremont, Daniel Varsano, Gaby et Robert Casadesus…), Dutilleux, Boulez, Messiaen (Turangalila Symphonie par Y. Loriod et Seiji Ozawa). L’attrait du coffret de 25 cd rétablit de puissantes personnalités servies par des chefs de première qualité par leur engagement et leur somptueuse sensibilité, chacun dans le répertoire qu’il aima défendre : Munch, Ozawa, Boulez, Hans Graf (chez Dutilleux)… les baguettes sont prestigieuses et leur écoute confirme de saisissantes compréhensions de la musique française. Ici règne la nervosité orfèvre de Charles Munch, directeur musical du Boston Symphony (1949-192), ici d’une vivacité fauve et d’une motricité analytique irrésistible, capable de fièvre et d’incandescente folie : remarquable interprète de la musique française romantique (ses Berlioz – premier cd de la collection, sa Fantastique, si chère à son cœur, devient transe époustouflante de tension incisive), mais aussi du premier XXè : Milhaud, Honegger, surtout l’ivresse échevelée, organique et sensuelle de son Roussel (Suite 2 de Bacchus et Ariane, un coup d’essai captivant hélas trop court : que n’a t il enregistré l’intégrale du ballet!), sans omettre des incontournables, au chapitre romantisme français dont la trop rare Symphonie sur un chant montagnar de D’Indy, Escales d’Ibert, la Symphonie n°3 avec orgue de Saint-Saëns, et L’Apprenti sorcier de Dukas… DEBUSSY et RAVEL bouléziens, de référence. C’est aussi un fabuleux legs Pierre Boulez comme chef, interprète génial autant analytique que précis et dramatique, avec également des orchestres américains : New York Philharmonic et surtout Cleveland orchestra pour deux recueils, joyaux incontournables : Ravel, Debussy (3 cd pour chacun) dont les œuvres essentielles sont ainsi révélées sous un filtre d’une exigence sonore irrésistible (Attention le coffret ne comprend pas, hélas, l’intégrale du ballet Daphnis et Chloé de Ravel mais heureusement Shéhérazade, Rapsodie Espagnole, Valses nobles et sentimentales, Ma mère l’Oye, Alborada del Gracioso, les Concertos pour la main gauche et en sol majeur par Philippe Entremont, piano,… sans omettre l’excellent Quatuor par les Juilliard). Vous l’aurez compris, nous tenons là la quasi intégrale du Ravel symphonique par Boulez. C’est dire. Même ivresse “intellectuelle”, la maîtrise est de mise sous la baguette boulézienne-, mais quelle transparence millimétrée chez Debussy : Dans Prélude à l’après-midi d’un faune, l’enchantement s’invite ; Jeux est une extase façonnée telle un scintillement permanent, un miroitement à la fois introspectif et aérien ; Images pour orchestre affirme la précision analytique d’un chef qui conçoit tout en une succession organiquement enchaînée d’admirables séquences instrumentales d’un fini époustouflant (ivresse lascive d’Ibéria).Chaque épisode comme chez Ravel cultivant son propre univers. Les Danses sont des rituels d’une exquise nostalgie. Ces 2 coffrets Debussy et Ravel sont incontournables. Ailleurs, l’amateur de raretés comme de plénitude orchestrale, à la française trouvera son compte dans les volumes : celui sur Saint-Saëns comporte ainsi les trois Concertos pour piano 2,4 et 5 (l’Egyptien), avec Philippe Entremont sous la direction de Michel Plasson. Tout autant intéressant le triple volume dédié à Fauré, comprenant en particulier le Requiem par Ozawa (Boston Symphony, Barbara Bonney, Hakan Hagegard, et le choeur du Festival de Tanglewood)… La présence du violoncelliste Jean-Guilhen Queyras pour Tout un monde lointain fait la haute valeur du volume simple dédié à Dutilleux ; et coupe étant appréciée quand elle est dosée, le recueil dévolu au compositeur Pierre Boulez, – 1 seul cd, regroupe Le Marteau sans maître avec Yvonne Minton (au français bien peu intelligible sous la direction de Diego Masson), et plus intéressant, Livre pour cordes par Boulez le chef. Notons l’habile programmation du triple volume intitulé “Escales symphoniques françaises” qui révèle sous le feu vif argent et d’une fantaisie jubilatoire de Charles Munch, l’éclectisme de la Symphonie sur un chant montagnard de D’Indy (25mn d’écriture concertante où le piano discute avec l’orchestre en une forme libre entre Concerto et Symphonie), sans omettre le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns, superbe poème symphonique d’une pensée libre et fluide (précédé par le poème symphonique pour chœur et soprano La nuit, où le diamant un rien précieux de la jeune Natalie Dessay dialogue avec la flûte… Orchestre nat. d’Île de France, Jacques Mercier). Le coffret forme un cycle incontournable pour amoureux de musique symphonique et concertante française, de Berlioz à Boulez et Messiaen. Par sa diversité, l’intelligence et la cohérence des volumes réunis par compositeur ou thème, la figure d’excellents chefs – de Munch à Boulez, Ozawa et Ormandy (Danse macabre de Saint-Saëns), sans omettre les pianistes Philippe Entremont (Ravel, Saint-Saëns), Michel Dalberto (Debussy), JM Luisada (Fauré)… , l’édition Sony classical constitue une excellente entrée en matière ou l’enrichissement d’un fonds déjà existant. 25 cd à posséder en urgence pour étayer sa discographie de base, au registre musique française. Le volume Poulenc vient astucieusement compléter la collection en regroupant les fondamentaux de sa musique de chambre (Sonates, Concertos où s’affirme le tempérament en affinité du pianiste Eric Lesage et ses nombreux partenaires)… Seule réserve : l’éditeur omet de mentionner pour chaque bande la date d’enregistrement, nous privant une juste appréciation de l’époque concernée et de l’esthétique atteinte (malgré l’absence pour le répertoire romantique, des instruments d’époque : or ni Boulez, ni Munch, malgré l’apport des orchestres et des chefs “historiquement informés”, ne se montrent défaillants, bien au contraire. Leur baguette enchanteresse montre aussi que la réussite d’une lecture ne dépend pas exclusivement du choix des instruments… CD, coffret : Un siècle de musique française (25 cd Sony classical) CLIC de classiquenews d’avril 2016.

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